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Paris

Bol au défi de Werro

Néophyte sur 800 m après avoir dominé le monde sur 400 m haies, Femke Broeders-Bol fera face à Audrey Werro, qui vient de réaliser le troisième chrono de l’histoire sur la distance, le 28 juin au stade Charléty. Un symbole de la qualité du plateau réuni par les organisateurs parisiens, sur l’ensemble des disciplines au programme.

Il y en aura pour tous les goûts, dans tous les coins du stade, du début à la fin de la compétition. Les 19 000 spectateurs du meeting de Paris Wanda Diamond League vont devoir faire des choix cornéliens, ou se dédoubler pour ne rien manquer du spectacle, tant il y aura de champions au mètre carré sur la piste en tartan. Prenez le 800 m féminin, par exemple. Le public parisien pourra y admirer Femke Broeders-Bol, deux fois championne du monde du 400 m haies reconvertie sur le double de piste depuis cette année, mais aussi la nouvelle pépite venue de Suisse, Audrey Werro, qui a claqué un extraordinaire 1’53’’98 il y a quelques jours du côté de Stockholm, après avoir pris la médaille d’argent des Mondiaux en salle cet hiver à Torun (Pologne). L’opposition entre ces deux-là promet des étincelles et un gros chrono. La version masculine ne devrait pas être en reste, puisque Marco Arop, médaillé d’argent aux Jeux olympiques il y a deux ans et sur le podium des trois dernières éditions des championnats du monde, retrouvera Djamel Sedjati, qui avait remporté une course mémorable à Paris en 2024, en 1’41’’56.

Côté demi-fond, la présence de Soufiane el-Bakkali ravira les amateurs de steeple. Le Marocain possède l’un des plus beaux palmarès du circuit, avec cinq médailles mondiales dont deux titres, deux triomphes olympiques et 21 victoires en Diamond League. En trois participations au meeting de Paris, il ne s’est imposé qu’une seule fois, et cela remonte déjà à 2019. Face à l’Allemand Frederik Ruppert, qui est devenu le premier Européen sous les 8’ (7’57’’80) à Rabat, il voudra donner au public parisien une démonstration de sa classe. Sur le 5000 m, Jimmy Gressier affrontera pas moins de huit coureurs disposant d’un record inférieur à 12’50’’, parmi lesquels l’Américain Grant Fischer, et une cohorte de solides coureurs des hauts-plateaux d’Afrique de l’Est.

Paulino en habituée, Yan pour se révéler

Les fidèles de Charléty reconnaîtront une figure bien connue des lieux lors du 400 m féminin, puisque la Dominicaine Marileidy Paulino, championne olympique en 2024, s’est déjà imposée quatre fois à Charléty : en 2021, 2023, 2024 et 2025. Pour ajouter une cinquième étoile, il lui faudra venir à bout de la championne du monde en salle tchèque Lurdes Manuel et de la Polonaise Natalia Bukowiecka, entre autres. La course des hommes rassemblera l’Américain Quincy Hall, champion olympique à Paris il y a deux ans, et le champion du monde 2025 venu du Botswana, Collen Kebinatshipi, pour un duel au sommet. Heureux les aficionados du 100 m, puisque sous leurs yeux, l’incomparable Noah Lyles se mesurera à celui qui détenait le titre olympique avant lui, l’Italien Marcell Jacobs, mais aussi au Kenyan Ferdinand Omanyala et au Sud-Africain Akani Simbine, capables d’aller très vite sur la ligne droite.

Les concours de lancer ne sont pas toujours les plus suivis par le grand public, mais les passionnés savent qu’il ne faudra surtout pas manquer les deux moments forts de la soirée. D’abord parce que le meeting de Paris sera la première sortie européenne de la toute jeune Chinoise Ziyi Yan, qui vient de lancer à 71,74 m à Xiamen le 23 mai. Soit ni plus ni moins que la deuxième performance de tous les temps, à seulement 18 ans ! Le record du monde de Barbora Spotakova (72,28 m en 2008), qu’on croyait tranquille pour encore un moment, s’est subitement mis à trembler des genoux depuis un mois. Enfin, le cercle de poids féminin accueillera quatre femmes ayant déjà dépassé la ligne des 20 m, dont la championne du monde hollandaise Jessica Schilder, qui vient de lancer au-delà des 21 m (21,09 m) à Keqiao (Chine), ce que personne n’avait réussi depuis 2012.